Le premier jour où je débarque en Amérique, j’aperçois un homme à la fenêtre du deuxième étage de son immeuble à deux pas de l’Hôtel de ville torpiller les véhicules et les passants avec des bouteilles pleines, des bocaux de confiture, des boîtes de conserves et tout ce qu’il trouve dans son garde-manger pour servir de projectiles. Des conducteurs effarés se retrouvent avec leur pare-brise fracturé. Un climat de panique s’abat dans la rue ; le forcené a l’air bien décidé à détruire San Francisco avec le contenu de son frigo. Une odeur de vinasse imprègne la chaussée jonchée d’éclats de verre. L’état de guerre est déclaré au 385 Fulton street ! La police a été appelée il y a une demi-heure mais toujours pas de gyrophare en vue ni de sirène. Un homme a garé sa voiture plus loin avec son capot défoncé par une boîte de thon. Cet ancien…
Doel
On a beau avoir le virus du voyage, je suis victime collatérale de ce virus qu’il serait plus judicieux d’appeler Covid-2020. Annus horribilis…
Un thé à Shanghaï
Aller prendre une tasse de thé chez un ami, à Shanghai, et s’y rendre… en courant ! Tel est le défi qu’a relevé Jamel Balhi au milieu des années 80. Depuis, son désir de découvrir le monde n’a jamais cessé. Après vingt années de course à pied à travers les cinq continents, il nous raconte aujourd’hui ce premier voyage de 20 000 kilomètres, et tous ceux qui l’ont suivi, jalonnés de rencontres souvent providentielles : Freddy le SDF, croisé à l’Armée du Salut, le pape Jean-Paul II, dans les salons du Vatican, des familles de toutes conditions, pour qui hospitalité n’est jamais un vain mot… Ou encore ce prince d’Arabie Saoudite qui, en lui offrant un appareil photo en cadeau de bienvenue dans son royaume, lui donne un métier pour la vie : photographe. De la Suède au Tibet, de l’Iran à l’Australie, des Etats-Unis à la Bosnie, des personnages…